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Dossier fiscal · Urbanisme

Ce que coûte vraiment un permis

TU / TAM (taxe d'aménagement), TAP (taxe d'archéologie préventive) et taxe foncière — comprendre les mécanismes et simuler un cas concret (maison, piscine, extension…), valeurs 2026.

Note de lecture — « TU » (usage courant) et « TAM » (abréviation employée par le BOFiP lui-même, notamment pour la mesure « changement de destination ») désignent la même imposition : la taxe d'aménagement (TA), héritière de l'ancienne TLE. « TAP » est la taxe d'archéologie préventive, calculée sur la même assiette que la TA. Les deux sont donc traitées ensemble ci-dessous, avec la taxe foncière (TF) à part car elle relève d'une autre logique (imposition annuelle, non liée à la délivrance du permis).

La taxe d'aménagement (TU / TAM)

Due une seule fois, à la délivrance de l'autorisation d'urbanisme — permis de construire, permis d'aménager ou déclaration préalable.

Elle finance les équipements publics (voirie, écoles, réseaux) rendus nécessaires par la construction. Elle est perçue par le bloc communal et le département, et par la région uniquement en Île-de-France.

Formule

Surface taxable × valeur forfaitaire = assiette, puis assiette × taux (communal + départemental [+ régional en IdF]).

Valeur forfaitaire 2026
892 €/m²
Forfait piscine 2026
251 €/m²
Forfait stationnement 2026
2 928 €
Taux TAP
0,40 %
Taux communal
1 – 5 %
Taux départemental
0 – 2,5 %

Ces forfaits sont révisés chaque 1er janvier selon l'indice INSEE du coût de la construction — ils s'appliquent à la date de délivrance de l'autorisation, pas à la date des travaux. Change l'année ci-dessus pour recalculer avec les valeurs historiques (source : BOFiP BOI-IF-TU-10-30-10 et 10-30-30, arrêtés annuels).

Points qui changent le calcul

  • Abattement de 50 % sur les 100 premiers m² d'une résidence principale (et ses annexes) — donc 446 €/m² sur cette tranche en 2026.
  • Piscines : forfait propre de 251 €/m² de bassin, indépendant de la valeur forfaitaire « construction ». Exonérées sous 10 m² ou si hors-sol démontable.
  • Stationnement extérieur non couvert : forfait par emplacement (2 928 € en 2026, jusqu'à 5 857 € sur délibération) — un carport non entièrement clos relève de ce même forfait plutôt que d'une surface de plancher.
  • Garage : dès qu'il est clos et couvert (murs + toit, > 1,80 m sous plafond), il entre dans la surface de plancher classique et suit le calcul standard — y compris l'abattement RP s'il est l'annexe d'une résidence principale.
  • Exonérations de plein droit : surface créée < 5 m², reconstruction à l'identique après sinistre (< 10 ans), bâtiments agricoles non transformés, monuments historiques, et logements PLAI (prêt locatif aidé d'intégration — exonération totale TA + TAP, sans délibération).
  • Pièce de survie PPR : sur une extension d'une maison existante en zone à risque, seule la surface de la pièce de survie prescrite par le plan de prévention des risques est exonérée — pas l'ensemble du projet.
  • Exonération facultative PTZ : sur délibération de la commune (et/ou du département), exonération d'une partie de la surface excédant 100 m², pour un logement financé par un prêt à taux zéro mentionné dans le permis — plafonnée par la loi à 50 % de cette surface excédentaire, quel que soit le taux voté (CGI art. 1635 quater E 2°, confirmé par BOI-IF-TU-10-20-40-20).
  • TA due mais pas forcément de TAP : une grange ou un local commercial transformés en habitation restent soumis à la TA mais jamais à la TAP (pas de nouvelles fondations). Une extension reste soumise à la TA, et à la TAP seulement si elle crée de nouvelles fondations — pas de TAP si elle est bâtie sur une terrasse/dalle déjà existante (case à cocher dédiée, détail dans l'onglet TAP).
  • Paiement en une fois si le montant total est inférieur à 1 500 €, sinon en deux échéances à 3 et 9 mois de la fin des travaux (pas de la date de délivrance du permis).

Changement de destination vers l'habitation (LF 2025)

Attention à ne pas confondre deux situations. Un bâtiment agricole (grange, hangar) transformé en habitation a toujours été taxable : l'exonération agricole ne joue que tant que le bâtiment reste affecté à l'exploitation, et sa conversion en logement est imposée selon les règles ordinaires de construction (toutes parts — communale, départementale, et régionale en IdF — sur la valeur forfaitaire pleine, avec l'abattement RP habituel si elle devient résidence principale). Ce n'est pas ce que change la loi de finances 2025.

Ce que la loi de finances 2025 (art. 111, applicable aux autorisations délivrées à compter du 15 février 2025) ajoute, c'est la taxation du changement de destination d'un local autre que de l'habitation — local professionnel, commercial ou industriel — vers l'habitation, même sans création de m² supplémentaire. C'est ce cas précis (ex. bureau ou commerce transformé en logement) qui bénéficie du régime particulier : part communale/intercommunale uniquement, et valeur forfaitaire abattue de 50 % sur toute la surface transformée.

  • L'assiette est la surface transformée (et non une surface « créée »).
  • Un abattement de 50 % s'applique sur toute cette surface, pas seulement sur les 100 premiers m².
  • Seule la part communale / intercommunale est due — pas de part départementale ni régionale sur cette assiette-là (art. 1635 quater B du CGI, dernier alinéa).
  • Un changement de destination qui ne va pas vers l'habitation (ex. logement → bureau) reste hors champ, sauf s'il crée une surface nouvelle.

Chercher le taux réel d'une commune

Interroge en direct, depuis ton navigateur, le jeu de données officiel DELTA (data.economie.gouv.fr) qui recense les délibérations de taxe d'aménagement votées par les communes — la même source que le simulateur impots.gouv.fr. Trouve la commune, vérifie les exonérations votées, puis applique les taux directement au calculateur ci-dessous.

Préfixe/section/parcelle facultatifs — ne les renseigner que si le projet se situe dans un secteur à taux particulier (majoré) : la recherche essaie d'abord la parcelle exacte, puis la section, puis le préfixe (commune fusionnée), et retombe sur le taux général de la commune si rien de plus précis n'est trouvé.

La taxe d'archéologie préventive (TAP)

Ex-« redevance d'archéologie préventive » — recouvrée en même temps que la TA, sur la même assiette.

Depuis la réforme de 2022, ce qu'on appelait la RAP « ordinaire » sur les permis de construire est devenue la TAP, recouvrée par la DDFIP comme la taxe d'aménagement, avec un taux national unique.

Taux TAP 2026
0,40 %
RAP « grands projets »
0,69 €/m²

Qui est concerné

  • Tout PC ou DP créant plus de 5 m² de surface de plancher et affectant le sous-sol (fondations de plus de 50 cm de profondeur, en sous-sol vierge).
  • Une piscine enterrée est concernée à ce titre au même forfait de 251 €/m² que pour la TA.
  • Le RAP « 0,69 €/m² » ne s'applique qu'aux opérations soumises à étude d'impact environnemental (lotissements, infrastructures) — pas à un PC individuel.

Ce qui n'est pas concerné, même quand la TA s'applique

  • Extension d'une maison existante : pas de TAP si elle est construite sur une terrasse ou une dalle déjà existante (pas de nouvelles fondations en sous-sol vierge). Si l'extension crée de nouvelles fondations sur un sol jusque-là non bâti, la TAP redevient due normalement, en plus de la TA.
  • Grange transformée en habitation : le bâtiment existe déjà (murs, charpente, fondations) — la conversion ne crée pas de nouvelles fondations, donc pas de TAP, alors que la TA reste due selon les règles ordinaires de construction.
  • Local commercial/professionnel transformé en habitation : même logique — aucune fondation nouvelle, pas de TAP, bien que la TA s'applique au titre du changement de destination LF 2025 (part communale seule).

La TAP se calcule automatiquement sur l'assiette saisie dans l'onglet « TU / TAM » ci-contre — pas de formulaire séparé.

Simulation
Avis de calcul — TAP 0,40 % de l'assiette TA

← Retour au calcul de la TA (onglet 01)

La taxe foncière (TF)

Contrairement à la TA et à la TAP, ce n'est pas une taxe liée au permis mais un impôt local annuel — dont le montant peut néanmoins changer après travaux.

La TF est assise sur la valeur locative cadastrale (VLC) du bien — un loyer théorique annuel déterminé par l'administration selon la catégorie du local, sa surface pondérée et des tarifs locaux — puis multipliée par les taux votés par la commune et l'intercommunalité. Ces taux varient fortement d'une collectivité à l'autre : il n'existe pas de valeur forfaitaire nationale comme pour la TA, donc un vrai calcul suppose de connaître le taux voté localement.

Ce qui change avec un PC ou une DP

  • Toute construction nouvelle, reconstruction ou addition de construction (y compris une piscine, un garage, une véranda) doit être déclarée dans les 90 jours suivant l'achèvement des travaux — en ligne via « Gérer mes biens immobiliers » sur impots.gouv.fr, ou par le formulaire papier n° 6650 (H1 maison / H2 appartement).
  • Cette déclaration met à jour la VLC, donc la TF future — une maison neuve ou une piscine augmente la valeur locative, donc la taxe.
  • Exonération temporaire de 2 ans sur la part communale et intercommunale pour les constructions nouvelles à usage d'habitation, sous condition d'avoir déclaré dans les 90 jours. Passé ce délai, l'exonération peut être perdue pour les impositions correspondantes.
  • Sanction en cas de non-déclaration : majoration, et amende pouvant aller jusqu'à 300 000 € dans les cas les plus graves ; l'administration dispose de 4 ans pour redresser.

Ce qui gonfle la surface fiscale : les « équivalences de confort »

La VLC ne se calcule pas sur la surface réelle mais sur une surface pondérée — presque toujours supérieure à la surface habitable. En plus des coefficients par type de pièce (annexes, combles, caves…), chaque équipement de confort ajoute un forfait de m² virtuels, fixé par le barème de l'article 324 T de l'annexe III du CGI. Ce barème date de la révision de 1970 et n'a jamais été retouché depuis, alors que ces équipements sont aujourd'hui la norme dans presque tous les logements.

Eau courante
+4 m²
Raccordement égout
+3 m²
Salle d'eau / douche
+4 m²
Salle de bain / baignoire
+5 m²
Chauffage central
+2 m²
WC
+3 m²
Lavabo
+3 m²

Sur une maison classique de 3 pièces, ces équivalences seules peuvent représenter 15 à 25 m² de plus que la surface réelle — avant même les coefficients d'annexes. Une rénovation qui ajoute une deuxième salle de bain, refait le chauffage, raccorde le tout-à-l'égout ou multiplie les WC/lavabos (chaque WC et chaque lavabo compte séparément) doit être déclarée : elle augmente la VLC même sans agrandir le bâti. À l'inverse, un équipement déclaré mais absent ou hors d'usage (chauffage central fantôme, baignoire jamais installée) peut faire l'objet d'une demande de correction sur la fiche de calcul (formulaire 6675-M, disponible auprès du centre des impôts fonciers).

Une révision de ce barème vieux de 50 ans est annoncée par Bercy pour actualiser la prise en compte de ces équipements — à ce stade au stade des annonces, pas encore inscrite dans un texte.

Les catégories cadastrales, de 1 à 8

Une fois la surface pondérée obtenue, elle est multipliée par le tarif au m² de la catégorie dans laquelle le local a été classé. Ce classement, fixé lors de la révision de 1970 et rarement revu depuis, va du grand luxe au bâti très dégradé :

1 — Grand luxe (caractéristiques exceptionnelles)
2 — Luxe
3 — Très confortable
4 — Confortable
5 — Assez confortable (catégorie la plus fréquente pour une maison individuelle récente)
6 — Ordinaire
7 — Médiocre
8 — Très médiocre / délabré

Le classement s'appuie sur un « local de référence » défini par commune en 1970 pour chaque catégorie, et compare le bien à évaluer à ces références (qualité des matériaux, caractère architectural, confort, situation). C'est ce classement — pas seulement la surface — qui explique pourquoi deux maisons de taille identique peuvent avoir des taxes foncières très différentes.

Pourquoi pas de simulateur ici

À la différence de la TA (valeur forfaitaire nationale + taux plafonnés), la TF dépend d'une VLC calculée par tarif de catégorie et de zone, et de taux votés commune par commune — un simulateur générique donnerait une fausse précision. Le simulateur officiel DGFiP sur impots.gouv.fr reste la référence pour un cas réel, une fois le taux communal connu.

Valeurs 2026 (INSEE / DGFIP) · à titre pédagogique, ne remplace pas l'avis officiel Code de l'urbanisme, art. L.331-1 à L.331-34